Le marché sous-côté de la beauté: le royaume-uni

Le marché sous-côté de la beauté: le royaume-uni

La “British Beauty Week”, se tient depuis trois ans au cœur de la cité britannique et s’étend même dans les provinces et villes du pays autour de différentes animations chez les marques et en magasin.

Eva Lagarde

Le British Beauty Council — l’équivalent du syndicat de la mode, mais pour la beauté — espère démontrer la puissance de l’industrie à travers une semaine de la beauté qui s’apparente à la Fashion Week.

Les marques fondées par des femmes

Cette année, l’organisation a ouvert le bal avec un “Industry Day” où les professionnels de la beauté se sont réunis autour de tables rondes et ont visité des espaces d’exposition dédiés aux marques britanniques ou aux nouveaux entrants sur le marché. 

En 2026, le focus était sur les marques fondées par des femmes pour des femmes, avec le collectif “Buy Women Built (BWB)”, exposant 52 marques, dans un espace à part, situé dans la salle de bains passante du lieu de l’événement. Parmi les marques présentées figuraient Absolute Collagen, The Retreat, DrPawPaw, Wuka, Yougi, HairGain et bien d’autres. 

Dans un autre espace, une autre marque lançait lors de cette journée un nouveau concept de transparence en affichant le coût de chaque produit associé à son tarif de vente. Le royaume-uni est coutumier de ce type de service, avec notamment Beauty Pie, qui était la première marque (et toujours la seule, à ma connaissance), à mettre en avant le sourcing et le travail des labos, à des prix abordables. Ils expliquent : “Élaborer les formules en nous appuyant sur les mêmes laboratoires de renommée mondiale et les mêmes ingrédients hautement performants que les « grandes marques », mais nous supprimons les campagnes publicitaires mettant en scène des célébrités, les réseaux de distribution coûteux et les marges exorbitantes des détaillants.”

“The fix” par NIP+FAB pousse le concept un peu plus loin et divulgue le coût détaillé de chaque produit, afin de “restaurer la confiance dans les produits de beauté”, explique la marque. La griffe va même jusqu’à divulguer ses formules, avec les pourcentages d’ingrédients et leurs fiches produit. Je trouve le positionnement audacieux ; maintenant, il reste à savoir si la consommatrice a besoin d’autant de transparence ou si cela ne serait pas l’abreuver de trop d’informations.

L’impact de la beauté: 28,3 milliards de livres sterling !

Cette année, le British Beauty Council a dévoilé son rapport “The Impact of Beauty” pour démontrer la force de l’industrie. 

Le rapport révèle la contribution du secteur de la beauté, au sens large (produits de beauté, produits d’hygiène, salons de coiffure, spas, etc.), non seulement sur le plan économique, notamment sur le PIB (Produit Intérieur Brut), mais également sur le plan social.  

Le rapport indique : “ L'importance économique du secteur de la beauté est désormais clairement établie. En 2025, ce secteur a apporté une contribution totale de 28,3 milliards de livres sterling au PIB britannique, a employé au total 595 000 personnes dans les secteurs de l’industrie, du commerce et des services, et a généré un total de 8,8 milliards de livres sterling de recettes fiscales pour le Trésor public. La question posée par le présent rapport vise à déterminer la contribution de ce secteur au PIB.”

Ce rapport a été réalisé avec Oxford Economics et avec le soutien de L’Oréal et met en lumière la valeur sociale, culturelle et économique de l’industrie de la beauté. Il révèle notamment que 50 % des visites dans les commerces sont motivées par des questions d’hygiène ou de beauté. En gros, les consommateurs sortent pour s’offrir de petits plaisirs liés à la beauté et , plus largement, au bien-être. Le rapport mentionne également que la moitié de ces visites s'accompagne de dépenses supplémentaires dans les commerces voisins, ce qui souligne le rôle joué par le secteur de la beauté dans le soutien au commerce de détail, à l'hôtellerie et aux services locaux.

La journée des professionnels

Au-delà de l’expo de marque et de cette publication, la journée était l’occasion de se rencontrer, en tant que professionnels, autour de tables rondes. La journée ouvrait avec la présence de Mel B (Spice Girls) et du coiffeur de célébrités Rory McPhee, et se clôturait avec l’actrice Golda Rosheuvel (Queen Charlotte, Bridgerton), en tant qu’ambassadrice de la “British Beauty Week”.

Un programme édifiant, avec la présence de marques britanniques de renom telles que Boots, No7, ELEMIS, Sephora UK, Cult Beauty, Trinny London et Medik8. Cette journée a permis d’explorer l’évolution du paysage de la beauté ainsi que les forces qui déterminent son avenir — du comportement des consommateurs et de l’innovation au commerce social, en passant par la culture et la croissance des entreprises. 

Pour sa troisième année, à mi-chemin entre un salon de marques et les conférences, le British Beauty Council utilise cette journée pour rassembler les professionnels et lancer l’initiative de la « semaine de la beauté », qui met en lumière la beauté dans la société britannique. Ceci afin de combattre les préjugés qui persistent à l’égard du secteur, où prendre soin de soi est perçu comme futile et vaniteux dans la perfide Albion, alors que l’industrie joue pourtant un rôle majeur dans la société.